Terre
photo Pantelleria, cgc

Terre

La Terre est cette énergie solide qui donne son assise à la vie. C’est l’élément du réalisme, du matérialisme et du pragmatisme qui confère une structure physique au vivant. Étant l’élément le plus dense, la Terre offre l’ancrage dont les trois autres éléments peuvent bénéficier pour se réaliser ici et maintenant.

La Terre correspond à l’incarnation dans un squelette et des muscles qui tiennent le corps ensemble en lui donnant sa forme, sa stabilité et son efficacité. Le système limbique et la connexion entre l’odorat et l’instinct de conservation sont gouvernés par la Terre.

La Terre soutient les valeurs concrètes de compétence, de productivité et de rendement qui débouchent sur des accomplissements tangibles. Les qualités de patience, d’endurance et de discipline, alliées au sens de l’organisation, font de cet élément le plus pragmatique des quatre.

La Terre représente cette détermination dont nous avons besoin pour faire face à nos responsabilités. C’est le côté conservateur et solide qui apporte la sécurité et la stabilité pour l’individu et pour la société à laquelle il appartient.

La Terre est yin, elle accueille avec prudence, elle accumule avec persévérance et s’inscrit dans la permanence et la sédentarité. Sa fermeté offre le support nécessaire à l’enracinement dans le présent. Savourer la vie, la bonne chair, les bons vins et l’accumulation de biens matériels offrent des plaisirs sensoriels appréciables pour les terriens.

Évaluation de l’équilibre de l’élément Terre

Un déséquilibre flagrant (quatre ou cinq points personnels en signes de Terre, une emphase dans le signe du Taureau, une proéminence de Saturne etc.) en faveur de l’élément Terre dans le thème natal correspond à une constitution individuelle terre-à-terre assortie souvent d’un manque d’imagination.
Le signe le plus évident de l’excès de Terre est le scepticisme. Voir pour croire, toucher pour être convaincu, limitent l’horizon et substituent souvent le cynisme à l’idéalisme.

Par contre, une carence en Terre peut systématiquement empêcher la possibilité de jouir d’une expression tangible de nos idées (Air), ou de transformer le produit de notre imagination en relations réconfortantes ou en activité créative rémunératrice (Eau) donnant éventuellement lieu à une colère ouverte ou rentrée si c’est le Feu qui prédomine au détriment de la Terre.

Excès de Terre

L’excès de Terre c’est le matérialisme pur et dur, hypercritique de tout ce qui ne peut pas être prouvé par l’expérience concrète. Le scientisme qui prétend régler tous les problèmes philosophiques par la connaissance scientifique à l’exclusion de toutes autres approches est une manifestation d’un excès de Terre, l’agnosticisme radical en est un corollaire.

L’excès de Terre correspond également à une paresse intellectuelle et, s’il n’y a pas assez d’Air ou de Feu pour compenser la lourdeur et la lenteur, l’étroitesse d’esprit s’installe. La vie se déroule alors au ras des pâquerettes dans la routine et la peur du changement. L’absence de passion peut dégénérer en mélancolie et en périodes de dépression. Une attitude têtue, taciturne et butée est symptomatique du manque de spontanéité face à la vie.

Par contre la gourmandise en général, et l’importance accordée aux plaisirs de la table en particulier, sont des exemples typiques d’un excès de Terre qui arrive à jouir des bonnes choses de la vie – parfois jusqu’aux excès problématiques au niveau de la santé (surpoids, léthargie, etc.).

Que faire pour diminuer un excès de Terre ?

La Terre étant yin à l’instar de l’Eau, on peut appliquer presque les mêmes principes d’un excès d’Eau pour alléger un excès de Terre posant problème.
Si l’Eau accumule surtout au niveau relationnel et affectif, la Terre étouffe sous le poids de l’accumulation au niveau matériel. Apprendre à se délester consciemment du surplus matériel et ne plus accumuler par peur de manquer, libèrent du poids des choses.

  • Bouger. L’exercice physique et la stimulation intellectuelle réveillent le corps et l’esprit de sa léthargie.
  • Manger peu. Manger léger, des fruits, des légumes et des salades en évitant les viandes rouges, les sauces, les graisses, trop d’oignon et d’ail, les féculents, les sucreries (attention au sucre présent dans l’alcool) et les produits laitiers. Remplacer par le soja, le millet et le quinoa plus faciles à digérer.
  • Jeûner régulièrement ou pratiquer le jeune intermittent (16/8), et détoxiquer le système par de longues cures de jus de fruits ou de légumes frais aident à délester l’organisme du surplus. L’éventuel petit-déjeuner et le dîner seront légers alors que le déjeuner de midi, moment où le Feu brûle au mieux les calories, devrait constituer le repas principal.
  • Dormir moins. Veiller à ne pas s’appesantir sous la couette plus que nécessaire.

En tenant compte de la répartition des trois autres éléments dans la constitution de base, l’excès de Terre est naturellement compensé par la rencontre de personnes nanties d’Air et de Feu, alors que l’Eau laisserait baigner dans la même somnolence que la Terre.

Carence en Terre

Nous vivons à une époque où l’accumulation du confort matériel et de biens superflus est devenu la motivation primordiale de notre société de consommation.
Les démunis, les artistes, les idéalistes et les doux rêveurs ont plus que jamais des difficultés à trouver leur niche dans le monde d’aujourd’hui. Leur incapacité à se poser quelque part dérange l’ordre social. Leur insouciance est taxée d’immaturité et d’irresponsabilité. Ils éveillent à la fois l’envie et le mépris.

La personne qui vit l’expérience d’une sévère carence en Terre souffre rarement autant que son entourage de ce manque car elle semble planer (excès d’Air) au dessus des limitations de la réalité, ou bien elle fait confiance à son destin (excès de Feu) ou encore elle compte sur la générosité de son entourage (excès d’Eau) pour veiller sur ses besoins matériels. Un bon équilibre entre l’Air, le Feu et l’Eau compense souvent les problèmes d’une carence en Terre.

Que faire pour combler la carence en Terre ?

  • Ralentir. Prendre le temps de vivre au présent et savourer toutes les sensations qu’il offre. Faire les choses lentement pour les faire mieux en étant tout à son affaire.
  • Manger. Le manque de réalisme peut aussi avoir des effets néfastes sur les besoins vitaux du corps – il est donc nécessaire de prendre conscience de l’importance de manger régulièrement, ni trop ni trop peu, des mets nourrissants et reminéralisants.
  • Dormir. Prendre le temps de relaxer et s’assurer d’avoir assez d’heures de sommeil pour récupérer pleinement.
  • Créer. Pratiquer la poterie, le jardinage, la cuisine gourmande, tout ce qui se fait lentement et offre des sensations et des résultats tangibles et plaisants.

La pratique clinique démontre qu’une manière instinctive de compenser pour une carence en Terre consiste à trouver une profession sécurisante avec une rémunération stable, dans la routine rassurante d’horaires réguliers (banque, service public, comptabilité, revenu immobilier etc.).
Les personnes qui manquent de Terre auront naturellement tendance à s’associer à celles qui en sont bien nanties afin de bénéficier de leur rôle stabilisateur, avec les avantages et les inconvénients de cette association qui apparaît rassurante dans un premier temps mais peut s’avérer pesante et oppressante par la suite.

Quelques personnalités marquantes qui ont laissé des traces bien tangibles de leur passage sur notre petite planète grâce à leurs compensations très créatives pour combler leur carence en Terre sont les suivantes : Michelangelo, Van Gogh, Voltaire, André Malraux, Lou Andreas Salomé, Marc Chagall, John D. Rockefeller, Dane Rudhyar, Théodore Monod…

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